Camerounophobie en République Sud-Africaine ou l’amère récolte de l’ingratitude
L’adage qui dit que « Quand l’aveugle guérit, il jette le bâton qui l’a aidé », n’aura jamais trouvé plus juste illustration que dans le traitement infligé aux Camerounais en Afrique du Sud. Les compatriotes de Paul Biya qui, hier, ont soutenu avec ferveur la lutte contre l’apartheid, se retrouvent aujourd’hui victimes d’une violence inouïe, d’une spoliation systématique, orchestrée par ceux-là mêmes qu’ils ont aidés à se libérer.
Il est des vérités qui dérangent, et qu’on peine à admettre à l’exemple de celle qui prône qu’« un homme sain ne torture pas ses semblables. Généralement, ce sont les victimes qui deviennent les bourreaux. » Ce constat lucide, tiré de l’observation de vies brisées et de destins dévoyés, résonne tristement dans la trajectoire de nombreux Camerounais en Afrique du Sud. Ceux qui, hier encore, s’étaient engagés dans la lutte pour la dignité du peuple noir sud-africain se retrouvent aujourd’hui victimes des mêmes violences qu’ils combattaient, de la part de ceux qu’ils ont aidés hier.
Qu’il aille donc se rhabiller celui qui a postulé que la souffrance était une école de sagesse, les faits lui donnant un tort cinglant. En effet, les sentiments et rapports qu’entretiennent les Noirs sud-africains à l’égard des autres frères du continent valident que la souffrance est une école de frustration, de rancœur, forgeant en silence des bourreaux qui, implacablement, se retourneront contre leurs anciens amis. Ainsi, dans un contexte où les rapports interethniques se teintent de colère et de ressentiment, la douleur accumulée devient le terreau d’exactions insensées.
Aussi, loin de l’idéal d’une souffrance rédemptrice, force est de constater que « ce sont les victimes qui deviennent les bourreaux ». La rancœur semble avoir supplanté la gratitude, transformant les anciens opprimés en oppresseurs de leurs frères africains.
C’est ainsi que les Camerounais, qui hier encore se tenaient aux côtés du peuple noir sud-africain dans sa lutte pour la dignité et la liberté, subissent aujourd’hui les foudres de ce même peuple. Pourquoi donc le Cameroun ? Pourquoi cette hostilité ciblée, alors que d’autres nationalités évoluent dans le même espace et ne sont pas concernées par les exactions sud-africaines et leurs tortionnaires ?
Pourquoi donc le Cameroun ? Voilà la question fondamentale à se poser. Pourquoi, dans le même espace, seuls les Camerounais se voient infliger, toutes classes sociales confondues, le poids d’une violence inouïe et d’une discrimination systématique ?
Les exemples ne manquent pas pour étayer ce constat cruel : l’indifférence face à l’assassinat de Mme Mbah et de son fils, la spoliation des hôtels appartenant à notre compatriote, et plus récemment, l’accaparement des propriétés d’Ahmadou Danpullo, évaluées à plus de 300 milliards de francs CFA. Des faits qui ne sauraient être dissociés d’un contexte sud-africain où la loi et l’économie semblent instrumentalisées pour légitimer la spoliation des étrangers, surtout Camerounais.
Ce climat, que l’on désigne par « camerounophobie », trouve sa justification dans le fait, entre autres, que les pays d’origine des ressortissants occidentaux, nord-africains ou même nigérians, ougandais, etc., réagissant vigoureusement aux violences subies par leurs compatriotes en Afrique du Sud, ceux-ci sont traités avec respect, tandis que les Camerounais dont le sort indiffère leur pays, sont systématiquement ciblés par les exactions sud-africaines.
En conséquence, le quotidien des Camerounais est meublé d’humiliations, spoliations, assassinats… Les autorités nationales sud-africaines, volontairement aveugles et sourdes, laissent faire, voire encouragent une « union sacrée » de xénophobes s’acharnant sur les compatriotes de Paul Biya, dans un silence national assourdissant.
Des entreprises prospères, des commerces florissants, des biens immobiliers… bref, la réussite économique des étrangers, notamment Camerounais, suscite une vive convoitise et fait dire : « Ces richesses devraient nous revenir de droit », estiment des Sud-Africains embusqués derrière un patriotisme économique de mauvais aloi, sinon un nationalisme économique toxique.
Et donc, l’idée que des étrangers puissent envoyer de l’argent dans leur pays d’origine est perçue comme une spoliation nationale. « Nos richesses quittent le pays ! » s’indignent certains, oubliant que ces revenus sont le fruit d’un travail honnête. Un sentiment de jalousie qui est habilement instrumentalisé par des discours soi-disant nationalistes et xénophobes. On agite le spectre de « l’invasion étrangère », de « la concurrence déloyale », pour justifier des actes de discrimination, de barbarie. Oubliant que leurs propres entreprises installées ailleurs et particulièrement au Cameroun sont prospères et rapatrient massivement le fruit de leurs activités, de loin supérieur en valeur aux biens des Camerounais en Afrique du Sud.
Pourtant, concomitamment, le contexte sud-africain nous livre des enseignements à application immédiate :
Et si donc le Cameroun décidait d’appliquer le même principe de réciprocité usité par l’Afrique du Sud dans son différend avec les USA, les conséquences pour les entreprises sud-africaines pourraient être considérables. Les bénéfices réalisés par ces entreprises seraient soumis à des contrôles stricts, retardant ou empêchant leur rapatriement.
Parce qu’en réalité, le scandale de l’affaire Baba Danpullo en Afrique du Sud appelle à une riposte exemplaire, et seul un geste décisif de notre gouvernement pourra rétablir l’équité et la justice pour notre nation.
(Lire article sur la décision exécutive, page 16)
En fait, ce n’est qu’une question de temps si le Cameroun n’a pas encore saisi les avoirs des entreprises sud-africaines MTN et Chococam, pour compenser le hold-up du patrimoine du Camerounais Baba Danpullo par les banquiers et les autorités sud-africaines. Par la force de la mesure ex post facto, que l’Afrique du Sud connaît bien pour l’avoir expérimentée avec sa question foncière, un jour le Cameroun va saisir les avoirs de MTN et Chococam et d’autres avoirs des compatriotes de Ramaphosa au 237, en guise d’acompte du paiement de ce que la nation Vert-Rouge-Jaune a déjà perdu en Afrique du Sud.
Parce que, il faut le marteler, historiquement, économiquement et socialement, la République d’Afrique du Sud a une dette envers le Cameroun. Et le Cameroun ne doit rien à l’Afrique du Sud. Bien plus, les biens des Sud-Africains au Cameroun surpassent de loin ceux des Camerounais en Afrique du Sud. Aussi, dans ce bras de fer que ce pays impose au Cameroun, il ne doit pas oublier cette sagesse africaine qui enseigne que « celui qui porte les œufs sur la tête ne cherche pas la bagarre ». Donc, Cyril Ramaphosa et les siens devraient adopter une attitude prudente pour ne pas perdre leurs acquis au pays du Char des dieux.
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