Ramaphosa accule Biya à la prise d’une décision exécutive
Excellence Monsieur le Président, exercez votre impérium
L’affaire Bestinver est celle d’un magnat des affaires camerounais, pris dans un engrenage complexe où se mêlent intérêts financiers, crise économique, et xénophobie larvée. Un véritable piège infernal qui va conduire à la saisie et liquidation de ses biens colossaux pour une dette mineure de loin inférieure à la valeur des biens saisis et liquidés.
L’affaire Bestinver soulevant des questions fondamentales sur la protection des droits des entreprises en Afrique du Sud, mettant en lumière les risques liés aux pratiques de certains acteurs économiques et aux défaillances du système judiciaire, commence par un prêt de 22 milliards de FCFA contracté en 2018 auprès de First National Bank (FNB) en Afrique du Sud.
Bestinver, alors en pleine santé financière, présente de solides garanties de remboursement.
Bestinver avait entamé le remboursement de sa dette lorsqu’en 2019-2020 survient la pandémie de COVID-19, qui bouleverse les équilibres économiques mondiaux.
Bestinver, comme de nombreuses entreprises, est contrainte de retarder les échéances de son prêt. C’est là que le piège commence à se refermer.
Au lieu d’appliquer les mesures d’assouplissement mises en place pour aider les entreprises à surmonter la crise, FNB met la pression sur Bestinver, demande d’autres garanties supplémentaires pour continuer à garantir le prêt, puis exige le remboursement immédiat de la totalité de la somme due. Contre toute attente et malgré les assurances de Bestinver de régler sa dette grâce à ses nombreux avoirs, la banque avec la complicité agissante de la justice sud-africaine, va déclencher un contentieux qui a abouti, avec une rapidité surprenante et une opacité édifiante, à la saisie et à la liquidation des biens de Bestinver. Une saisie disproportionnée des biens de l’entreprise, pour un montant de 259 milliards FCFA pour 22 milliards FCFA de dette, et à leur liquidation immédiate.
L’affaire Bestinver révèle une stratégie insidieuse, où la banque, sous couvert d’exigences de garanties disproportionnées, a cherché à connaître l’étendue du patrimoine de Baba Danpullo pour mieux le piéger et s’en accaparer, dans un contexte de xénophobie latente dénoncée par Human Rights Watch en septembre 2020. Dans ledit rapport, cette ONG soulignait que l’expérience de la xénophobie est « routinière » grâce à une culture « d’impunité » qui ne « fait qu’encourager » ces comportements, et qu’être étranger en Afrique du Sud, c’est vivre « dans la peur constante d’être pris pour cible ».
Ainsi, la rapidité et la disproportion de la saisie, le mépris des garanties initiales et le ciblage de cet homme d’affaires camerounais semblent confirmer une spoliation motivée par des considérations xénophobes et des intérêts financiers, où la vulnérabilité des entreprises étrangères est exploitée sans vergogne.
Depuis, aucun recours n’a pu aboutir, toutes les démarches, mêmes diplomatiques sont restées lettre morte. Bestinver a été exclue de la procédure de liquidation au mépris de la loi qui semble ne pas avoir voix au chapitre dans cette affaire qui a plus des allures de « nationalisation » que d’une liquidation.
C’est le lieu de se demander à la lumière des faits patents évoqués supra, si l’affaire Bestinver n’est pas un simple complot mis en scène où une foule d’acteurs (les banquiers, les magistrats, les avocats des deux camps, l’administration, y compris leur chef d’État) ont chacun joué leur partition.