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L’économie : ce qu’elle est ; ce qu’elle aurait dû être

QU’EST-CE QUE L’ECONOMIE ?

L’économie est l’ensemble des activités par lesquelles une société produit, distribue et consomme les biens et services nécessaires à sa survie et à son développement. Elle organise les ressources humaines, naturelles et financières d’un pays au service du bien-être collectif – en transformant un potentiel en richesse partagée.

Dans les pays souverains comme la France ou les États-Unis, l’économie est un instrument de puissance nationale : elle crée des emplois, finance l’État, protège les citoyens et projette la puissance du pays sur la scène internationale. La monnaie, les ressources, les industries stratégiques et la formation des hommes sont sous contrôle national – au service exclusif de la nation.

Dans les pays comme le Cameroun sous tutelle néocoloniale, l’économie a été confisquée et retournée contre le peuple qu’elle était censée servir. Elle produit des richesses qui partent à l’étranger, entretient une dépendance structurelle et perpétue la pauvreté au cœur de l’abondance. C’est exactement contre ce système que l’UPC s’est battue.

Domaine Economie franco-Ahidjo Economie UPC Observations

Sol et sous-sol

La France possède le sol et le sous-sol camerounais. Les ressources naturelles — pétrole, bois, minerais — sont exploitées par des sociétés françaises sans que les populations locales n’en voient les revenus réels. Le Cameroun est extracteur de matières premières, pas transformateur.

Le sol et le sous-sol appartiennent au peuple camerounais. L’État camerounais contrôle l’exploitation de ses ressources naturelles, fixe ses propres règles, choisit ses partenaires et réinvestit les revenus dans l’économie nationale.

Un pays qui ne possède pas son sous-sol ne possède pas son avenir. La France a appliqué au Cameroun indépendant le même régime d’extraction qu’à sa colonie. L’UPC avait compris que la souveraineté économique commence par le contrôle du territoire.

Monnaie

La France possède la monnaie qui a cours au Cameroun. Le franc CFA, créé en 1945 par décret français, est géré par la Banque de France puis par la Banque Centrale Européenne. 50% des réserves du Cameroun sont déposées au Trésor français. Paris fixe la parité, décide des dévaluations.

Souveraineté monétaire totale. Le Cameroun crée sa propre monnaie, gère ses propres réserves, fixe sa propre politique monétaire en fonction des besoins de son économie nationale — non en fonction des intérêts de la France.

Une nation sans sa monnaie est une nation sans budget autonome. Le franc CFA est le cordon ombilical qui relie le Cameroun à Paris depuis l’indépendance. Tant qu’il existe, l’indépendance est une fiction. L’UPC avait fait de la souveraineté monétaire une priorité absolue.

Capital humain

La France met ses enfants à la disposition du Cameroun. Les postes de direction — économie, armée, administration, technique — sont occupés par des coopérants français. Le Camerounais exécute. Le Français décide. La dépendance intellectuelle est ainsi perpétuée et institutionnalisée.

Formation accélérée et massive des Camerounais à tous les niveaux. L’objectif est de remplacer rapidement les coopérants étrangers par des cadres nationaux formés localement et à l’étranger — sur la base d’un programme académique autochtone défini par le Cameroun pour le Cameroun.

Confier les postes de décision à des étrangers n’est pas de la coopération. C’est de la tutelle habillée en aide. L’UPC avait compris que la vraie indépendance passe par la formation du capital humain national — sans quoi le drapeau change mais la domination reste.

Défense nationale

La France protège militairement le Cameroun. En réalité, elle protège ses intérêts au Cameroun. Les bases militaires françaises (Yaoundé, Douala) garantissent la pérennité du régime Ahidjo contre son propre peuple — comme l’a démontré la répression de l’UPC avec des soldats et des officiers français.

Construction d’une armée nationale camerounaise autonome, enracinée dans le peuple, au service du peuple. Une armée qui défend les frontières, pas les intérêts d’une puissance étrangère. Une armée éducative, sociale, économique — et militaire en dernier recours.

Une armée étrangère sur votre sol n’est pas une protection. C’est une occupation avec consentement. La France a utilisé sa présence militaire pour écraser la résistance nationaliste — pas pour défendre le peuple camerounais. L’armée de l’UPC était la seule qui défendait réellement le Cameroun.

Éducation

La France dresse le programme académique du Cameroun. Les manuels, les curricula, les diplômes, les valeurs transmises — tout est calqué sur le modèle français. L’histoire du Cameroun est absente ou dénaturée. L’enfant camerounais apprend ses ancêtres les Gaulois avant d’apprendre qui était Um Nyobè.

Un programme académique autochtone, construit par et pour les Camerounais. Une éducation qui part de l’histoire, des langues, des valeurs et des réalités du Cameroun. Une formation qui prépare l’enfant à construire son pays — pas à servir un système conçu ailleurs.

Eduquer un peuple avec les programmes de son ancien colonisateur, c’est perpétuer la colonisation dans les têtes. L’école franco-camerounaise a produit des générations de Camerounais qui connaissent Napoléon mieux qu’Um Nyobè. L’UPC avait compris que la décolonisation des esprits est la première des révolutions.

Production et commerce

L’économie est organisée pour l’export vers la France et l’Europe. Le Cameroun produit des matières premières — cacao, café, bois, pétrole — qu’il exporte brutes. Il importe en retour des produits transformés à prix élevés. La valeur ajoutée reste en France. Le Cameroun reste pauvre malgré ses richesses.

Production, commercialisation et consommation locale. Transformation sur place des matières premières. Construction d’industries nationales. Commerce extérieur d’égal à égal avec tous les partenaires du monde — sans exclusivité imposée par l’ancienne puissance coloniale.

Exporter du cacao brut et importer du chocolat — c’est le résumé de 60 ans d’économie franco-camerounaise. L’UPC proposait exactement l’inverse : transformer localement, créer de la valeur ajoutée au Cameroun, et commercer librement avec le monde entier sur des bases d’égalité.

Tableau comparatif – Economie franco-Ahidjo vs Economie UPC

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